Je n'ai jamais connu ma vie sans toi. Dans tous mes souvenirs, des plus proches aux plus lointains, tu étais là. Tu avais mon âge, mais tellement de pureté dans ton regard... Les gens nous disaient souvent qu'il ne te manquait que la parole. Et ce regard... Je n'ai jamais connu de regard plus doux, plus innocent que le tiens. Je n'ai jamais connu plus brave que toi, plus gentille, plus fidèle. Je te vois encore gémir sur la table froide et dure du vétérinaire quand ma mère s'est écartée de toi... Je suis allée jusqu'au bout, pour toi. J'ai refusé de rester dans la salle d'attente, je voulais être présente jusqu'à ton dernier voyage. Jusqu'au dernier de mes « Je t'aime ». J'ai senti tes paupières lourdes se fermer, lentement, puis ta respiration ralentir, ralentir, faiblir... Et pourtant, tu as eu du courage jusqu'à la dernière seconde. En arrivant chez le vétérinaire, tu t'obstinais encore à vouloir marcher, ne tenant plus debout, dérapant, tombant... J'ai eu tellement de mal à arrêter de t'embrasser, à arrêter de caresser ton petit corps devenu si maigre... comment vais-je faire, sans toi ? Tu étais toujours là pour moi. Bordel !!! ...Ce que cet imparfait fait mal... Tu étais là, quand je rentrais du lycée, pour m'accueillir, attendant sur le pas de la porte ou devant le portail. Tu étais à côté de moi, près du piano et ta tête sur mes genoux, quand je jouais pour couvrir les cris de ma s½ur et de mes parents. Tu étais là quand je sortais discrètement rejoindre Joséphine en ville de nuit. Tu étais là pour lécher mes larmes quand j'allais mal. Tu étais là, ça suffisait. Je sais, je ne passais pas tout mon temps avec toi, mais tu faisais partie de ce que j'étais, ou suis, je ne sais plus... D'ailleurs, je sais qu'une partie de moi est morte avec toi.
♥
Ma petite Lassie, tu me manques tant...

